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Déjeuner Littéraire avec Hélène Tierchant le 16 novembre 2023 à Arras

par La Renaissance Française

Pour notre dernier déjeuner littéraire de cette année 2023, nous avons le plaisir d’accueillir Madame Hélène Tierchant.

Historienne du théâtre et du cinéma, elle est diplômée de l’Institut des Études théâtrales de la Sorbonne et de l’IDHEC (Institut des Hautes Études Cinématographiques). Après avoir travaillé dix ans comme assistante-réalisatrice au cinéma, elle s’est tournée vers l’écriture de documentaires pour le cinéma, de romans, essais et biographies.

Hélène Tierchant connaît sur le bout des doigts la Comédie-Française et son fonctionnement, de son origine à nos jours. C’est à ce titre qu’elle a été sollicitée par les éditions Télémaque pour écrire en 2011 « La Grande Histoire de la Comédie-Française ».
Elle est l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages dont quelques biographies comme « Mademoiselle George : la Tragédienne de Napoléon » consacrée à Marguerite Weimer connue sous le nom de Mademoiselle George, « Musidora » consacré à Jeanne Roques, la première « vamp » du cinéma français.

Hélène Tierchant est également traductrice. Elle a traduit l’ouvrage de son époux « Moscou, Stalingrad, Koursk, D-Day, Berlin » paru en 2019 aux éditions le Sémaphore. Ce livre est dédié à tous les vétérans de la Seconde Guerre mondiale. Son époux, Yuri Barashkov, originaire d’Arkhangelsk, architecte de formation, est passionné d’histoire, notamment par celle de la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd’hui, elle nous présente « Sarah Bernhardt : scandaleuse et indomptable », qui n’est pas son premier ouvrage dédié à Sarah Bernhardt puisque en 2009, elle avait déjà publié « Sarah Bernhardt : Madame Quand même ».

L’année 2023 est l’année du 100ème anniversaire de la disparition de l’emblématique Sarah Bernhardt. « Sarah était le Théâtre, et le Théâtre était Paris » écrivait l’académicien Paul Morand. Comédienne mais aussi artiste, écrivaine, sculpteur, surnommée « la Divine », « l’Impératrice du Théâtre » ou « la Patronne », elle a marqué les esprits grâce à son talent en dramaturgie et sa force de caractère hors du commun. Elle était la muse des plus grands écrivains et des plus célèbres peintres. Le Prince de Galles assistait à tous ses spectacles. Lors de sa tournée en Russie, alors qu’elle s’apprêtait à faire une révérence protocolaire devant l’empereur Alexandre III, ce dernier lui dit « c’est à moi, Madame, de m’incliner devant vous ».

En sa mémoire, tout au long de l’année 2023, de nombreux événements ont été organisés en France afin de perpétuer le souvenir de « la Voix d’or ».
Notre délégation qui œuvre pour la promotion de la culture française a souhaité également, à sa modeste échelle, évoquer la mémoire de cette femme engagée.

Née en 1844 à Paris, fille d’une courtisane hollandaise, la petite Sarah sera élevée sans amour et sans père. C’est le duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, fréquentant assidûment le salon de la mère de Sarah Bernhardt qui jouera un rôle clé dans l’essor de sa carrière d’actrice.

Sarah Bernhardt fait ses armes au conservatoire puis elle est engagée à la Comédie-Française qu’elle quitte rapidement, après un différend.
Contrainte à la prostitution pour vivre, c’est la naissance de son fils Maurice, qui la poussera à remonter sur les planches au théâtre de l’Odéon où elle fait ses classes et conquiert la célébrité avec ses interprétations, particulièrement dans « Ruy Blas » de Victor Hugo (1872).
Elle revient triomphatrice à la Comédie Française, où elle jouera les plus grands rôles du répertoire. Mais elle quittera définitivement l’institution.
Elle dirigera le théâtre de la Renaissance puis le théâtre des Nations.
Sa carrière lui a permis de s’illustrer dans tous les styles, elle a commencé par jouer dans les tragédies classiques, puis quelques pièces comiques à la Comédie-Française, elle est passée à la comédie romantique, puis a fait quelques mélodrames et quelques comédies bourgeoises. « Monstre sacrée » « Voix d’Or » « La Divine ». Elle est auréolée de qualificatifs qui touchent à la sphère des dieux. Ce statut est inédit à l’époque.

Ayant sans conteste participé à la diffusion de la culture française, Sarah Bernhardt est la première comédienne à avoir parcouru les cinq continents. De Russie à Dakar, de Grèce en Égypte, de l’Ukraine à l’Australie, ne jouait pourtant qu’en français, la représentation étant accompagnée par des livrets de traduction.
Elle subjugue tous les publics et fréquentera les personnages les plus illustres de l’époque. Parmi ses nombreux admirateurs, on compte par exemple Sigmund Freud, qui a gardé son portrait dédicacé dans son cabinet de longues années après être venu la voir depuis Vienne.
Elle n’aura de cesse d’explorer d’autres champs artistiques, la peinture, la sculpture et le cinéma.
Féministe, séductrice, excentrique et influenceuse avant l’heure, mais aussi patriote.
Lors de la guerre de 1870, elle accueillera des dizaines de soldats blessés au théâtre de l’Odéon. Et malgré son amputation, elle se rendra sur le front en 1916 pour soutenir des poilus.
Elle soutiendra Emile Zola lors de l’Affaire Dreyfus.

En 1915, en raison d’une tuberculeuse osseuse, elle est amputée de la jambe droite à plus de 70 ans, elle continue à jouer allongée ou assise.
Elle décède le 26 mars 1923. Le gouvernement français lui refuse des obsèques nationales.
Mais l’adieu du peuple français est tel que cela y ressemble. Un demi-million de personnes accompagneront le corbillard sur le chemin qui l’amène au Cimetière du Père Lachaise. Cinq chars de fleurs suivront son corbillard.

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