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Le 30 novembre 2018, Remise de la Médaille d’Or du Rayonnement Culturel à Omar YAGOUBI

dans la chapelle du Conservatoire National de Musique, de Danse et d’Art Dramatique d’Arras

Pour cette cérémonie de distinction de la Renaissance Française, la Délégation Nord/Pas-de-Calais met à l’honneur un musicien Omar YAGOUBI.

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Son Président Jean-Pierre ARRIGNON, nous accueille avec ces mots :

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Madame Denise Bocquillet, Première-adjointe et représentant M. F. Leturque, Maire d’Arras et Madame Monique Berthe, lauréate de la Renaissance Française du Nord-Pas-de-Calais, décorée par Maurice Schumann, le 11 juin 1989, pour son travail réalisé avec ses élèves du Collège de Seclin, Mesdames et Messieurs en vos grades et qualités, Chers Amis. Cher Omar YAGOUBI, c’est pour moi un très grand honneur et une très grande joie de vous remettre, ce jour, la médaille d’Or du Rayonnement Culturel de la Renaissance Française.

Il est vrai, Cher Ami, que notre délégation a toujours considéré la musique comme un art exceptionnel. Vous êtes le second musicien à être honoré de cette distinction, après votre ami, excusé, Jean-Claude Casadesus.

Avant de laisser à Gérard de Loriol, l’honneur d’évoquer votre cursus, je voudrais simplement retracer brièvement la place de la musique dans l’histoire de l’humanité. Comme vous le savez, les Grecs considéraient que la musique avait été inventée par les Thraces dont leur mythologie nous a offert un dieu, Dionysos et un héros Orphée.

Dionysos, ce fils de Zeus et de la mortelle Sémélé, symbolise par le culte qui lui est rendu, le renouveau. C’est au printemps, lors des fêtes orgiaques féminines célébrées par les ménades que se crée la force motrice créatrice du Théâtre et de la Tragédie.

A Dionysos est associée Orphée, fils du roi de Thrace Oeagre et de la muse Calliopé, poète et musicien, inspirateur du mouvement orphisme lié aux Pythagoriciens et aux mystères dionysiaques. Orphée nous est surtout connu par sa descente aux enfers pour en ramener sa femme Eurydice en utilisant sa lyre à 7 cordes que lui avait donnée Apollon, à laquelle il avait ajouté deux cordes en hommage aux 9 muses. Avec cet instrument, il parvenait à calmer les ménades qui détruisaient les troupeaux, mais aussi à séduire tous les êtres animés y compris les arbres des forêts et même les sirènes dont par son chant il surpassait le pouvoir de séduction.

Vous comprenez ce que les Grecs devaient aux Thraces. Pourtant, ce sont les Grecs qui vont donner aux sons le nom de musique du grec Mousai, les Muses. La musique n’est donc rien d’autre que le dialogue des Muses sur la lyre. Il me semblait nécessaire de le rappeler. C’est en cela d’ailleurs que la musique a une efficacité religieuse, magique, thérapeutique et glorificatrice comme nous le savons bien. C’est au IIe siècle, qu’est composé « l’hymne angélique » à partir de saint Luc 2, 13-14, plus connu sous sa forme latine « Gloria in excelsis Deo ».

La musique est par excellence l’expression du religieux, je me bornerai à évoquer quelques noms en commençant bien sûr, par le rémois Guillaume de Machaut, puis Marc Antoine Charpentier, Francis Couperin, Hector Berlioz, mais aussi J.S Bach, Beethoven, J. Haydn, Mozart, Monteverdi, G Rossini, G. Verdi, Vivaldi et bien d’autres.

Les Grecs sont le premier peuple pour qui la musique devient un art, ils sont aussi les premiers dont le système musical nous est connu, les premiers à utiliser la pratique de la notation, les premiers à organiser des concerts. Plus encore, devant les collègues du Conservatoire, je voudrais leur rappeler que la musique avait une place majeure dans l’éducation des enfants, tout citoyen athénien devait être en mesure de jouer de la lyre et de chanter. Il suffit de relire le chapitre VIII du Politique d’Aristote ainsi que le Politique et les Lois de Platon. Tout est nombre et la connaissance du réel est la connaissance du nombre. Soyez des Pythagoriciens, écoutez le rythme et le son du marteau du forgeron. C’est en cela que la musique est expression de la passion et de la moralité. C’est pour cela qu’ils en font l’un et l’autre un enseignement d’Etat. Ecoutez l’étude 25 n°1 de Chopin vous ressentirez ses élans secrets pour George Sand, en dépit de son silence sur ses déboires amoureux.

Omar vous maîtrisez la musique, cet art de création, cet art qui sublime, cet art qui nous ouvre le jardin des Muses. Aujourd’hui, grâce à la technologie, la musique est entrée dans le quotidien de la jeunesse.

Mais attention, la musique peut rassembler, comme nous avons pu le vivre au quotidien lors des funérailles de Johnny Hallyday pendant lesquelles 1 million de personnes rassemblées sur les Champs Elysées, ont communié dans le souvenir musical de leur idole, de même Bob Marley a réussi à calmer les tensions sociales de la Jamaïque par une expression musicale particulière, le reggae, consacré hier par l’Unesco. Mais la musique peut aussi diviser comme cela s’est produit avec certains rappeurs. La musique n’est pas neutre, elle est vivante, elle est marqueur d’identité. Les Grecs le savaient bien.

Enfin, la musique est bien sûr l’expression de l’indicible, ce que les mots ne peuvent dire, la musique peut le transmettre, comme je l’ai évoqué avec Chopin. Pour conclure, Je vous prie de me pardonner une anecdote personnelle. Quand, à la suite d’Orphée, je m’apprêtais à descendre aux Enfers, le chirurgien m’a demandé sous quelle musique souhaitez-vous faire ce voyage, j’ai répondu immédiatement Borodine « Dans les steppes de l’Asie centrale ». C’est avec cette musique que j’ai visité l’Enfer et c’est avec elle que je me suis réveillé et ai retrouvé mon Eurydice à moi, bien vivante et aimée, Zoya.

Puis la parole est donnée à Gérard de LORIOL, membre de la Délégation de la Renaissance Française et Délégué Régional de la SACEM :

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Cher Omar, je vais tracer brièvement ton portrait, résumer trop brièvement ta carrière et ton œuvre. Ta modestie va, toutefois, en souffrir, mais accepte-le.

Compositeur et pianiste ou pianiste et compositeur français. Omar YAGOUBI est né le 24 décembre 1957, à Lens d’une mère polonaise et d’un père algérien (voilà un beau triptyque – Pologne, Algérie, France, quelles racines, quelles influences !). Il commence le piano à 7 ans et compose dès l’âge de 8 ans (voilà pourquoi j’hésite sur le point de savoir quel terme mettre en premier).

Il est repéré très rapidement en 1980, grâce à France Musique, par le grand Maître Aldo CICCOLINI (décédé il y a 3 ans, 1er février 2015). Passionné de musique française pour piano Debussy, Ravel, Chabrier, Séverac et bien sûr Satie (ses enregistrements ont fait redécouvrir l’œuvre d’Erik Satie au grand public).

Aldo CICCOLINI découvre un style immédiatement reconnaissable et authentique et souhaite le former (parmi ses talentueux élèves il sera son préféré). Sept ans plus tard, à 29 ans, Omar YAGOUBI est nommé meilleur soliste français aux Victoires de la musique, à Paris, pour la création mondiale des œuvres de Jean WIENER (compositeur prolifique dans de nombreux genres, musique de films, classique, jazz).

Il quitte alors sa carrière de virtuose pour se consacrer uniquement à la composition (il est sociétaire de la SACEM depuis le 25/11/1980).

Ses œuvres reflètent le lien entre orient et occident, sans oublier l’école française, le groupe des Six (Georges Auric – qui fut Président de la SACEM, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc, et Germaine Tailleferre), sans omettre Debussy, Ravel et Satie. Ses œuvres renouent le fil perdu entre culture savante et populaire. Sa musique et très élaborée et pourtant immédiatement accessible. Omar YAGOUBI opère un syncrétisme unique et bouleverse les codes avec une élégante sagacité.

On lui doit un Stabat Mater, un Miserere, un Ave Verum, quatre concertos, deux oratorios, une cantate, un poème symphonique, de la musique de chambre, une symphonie et des œuvres pour piano solo, concertantes et pédagogiques. (108 œuvres au répertoire accessible).

  • CONCERTO POUR VIOLON ET ORCHESTRE A CORDES
  • ELOGES POUR PIANO
  • LE DORMEUR DU VAL : NOCTURE POUR PIANO
  • MECANIQUE CELESTE
  • MECANIQUE DES FLUIDES
  • MEMOIRE ALGERIENNE
  • OUVERTURE D’ARRAS POUR ORCHESTRE SYMPHONIQUE
  • TOCATTA POUR HARPE
  • VALSE DE LA SENSEE, Musique officielle de Chemins de Mémoire 14-18
  • L’ADIEU AUX ARMES SYMPHONIE Sous-titre(s) : L’ADIEU AUX ARMES, LES CHEMINS DE MEMOIRES, VALSE DE LA PAIX pour le centenaire de la Grande Guerre.
  • Le quintette avec piano « TROIS REGARDS SUR L’ENFANT AUTISTE »,
  • le rare concerto pour percussions créé à KYOTO « MUSIVUM OPUS »
  • « LES SENTIERS DE L’ESPACE, VARIATION SYMPHONIQUE », dédiés aux astronautes et à Thomas PESQUET,

complètent cette production exceptionnelle.

Omar YAGOUBI est joué par de nombreux artistes et formations symphoniques. Notamment, Aldo CICCOLINI, Marie-Josèphe JUDE (qui fut aussi élève du Maître), Alain RAËS, Nabuko TAKAHSI, Marie CANTAGRILL, Françoise GNERI, Bogdan NESTERENKO et Anna KUBANOVA (Création mondiale de « L’Ame de l’est » lors du festival « Les pianos folies » au Touquet en 2017), les orchestres nationaux de Lille (Jean-Claude Casadesus), de KYOTO au Japon (Naoto Ôtomo) de Kharkov en Ukraine (Yuriy Yanko) et tant d’autres.

Omar YAGOUBI n’oublie pas, pour autant, sa mission pédagogique et effectue des dons à l’Education Nationale qui permettent aux professeurs des écoles d’introduire le sujet du centenaire de la Grande Guerre auprès de milliers d’élèves du cycle 2 et 3. Ces dons de DVD et de CD pédagogiques à l’inspection Académique d’Arras sont parrainés par le Ministère de l’Education en 2007 et 2014.

Etranger aux tumultes musicaux de son temps, Omar YAGOUBI bâtit son univers musical et poétique depuis 43 ans avec opiniâtreté et discrétion, pédagogie et méthode.
Sa personnalité chaleureuse et complexe, son approche unique et surprenante de la création contemporaine font de lui l’un des compositeurs les plus singuliers de la musique d’aujourd’hui.

Voilà, Mesdames et Messieurs, pourquoi, il est apparu évident à la Renaissance française de décerner à M. Omar YAGOUBY la médaille d’or du rayonnement culturel.

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C’est avec émotion que Omar YAGOUBI remercie la Renaissance Française puis évoque son histoire personnelle, appuyant sur le fait que son grand-père était venu d’Algérie et avait servi la France pendant la première guerre mondiale et que sa grand-mère polonaise arrivée dans les années 1920 avait participé à la reconstruction de la France. Et c’est une fierté pour lui de participer un peu à la culture française, car la France est le pays qui l’a accueilli. Il insiste sur le fait que "la culture n’est pas accessoire, mais une nécessité".

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Omar YAGOUBI nous offre un petit récital de piano, Chopin et Bach, mais aussi de ses oeuvres, dont Cosima (prénom de sa fille).

https://m.youtube.com/watch?v=KXjmuuYUWwg

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Cette cérémonie c’est poursuivie par un cocktail, offert par notre lauréat, ce dont nous le remercions.

cocktail

La Presse en parle

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